À Montpellier, l’immeuble tertiaire Weko associe structure béton, caissons à ossature bois, paille de riz de Camargue, terre du site et chaux chanvre. Son intérêt tient moins à l’addition des matériaux qu’à la méthode employée pour les faire travailler ensemble.
Weko est un immeuble de bureaux de 4 114 m² porté par Vinci Immobilier. Sa structure principale reste constituée de poteaux et de dalles en béton. L’innovation se concentre dans l’enveloppe : des caissons préfabriqués à ossature bois, réalisés près du chantier, sont remplis de bottes de paille de riz provenant de Camargue. Le Douglas vient du Gard. À l’intérieur, une partie des terres excavées a été transformée en enduit ; à l’extérieur, un enduit chaux chanvre complète certaines façades.
Le point le plus instructif est probablement le moins visible. Les règles professionnelles de la construction en paille concernent principalement la paille de blé. L’emploi de paille de riz a donc nécessité un protocole particulier et un Avis de Chantier délivré par Socotec, à partir d’un travail d’équivalence conduit avec le Réseau Français de la Construction Paille. Les bottes ont aussi été contrôlées avant leur intégration aux caissons, certaines étant écartées en raison d’une humidité trop élevée.
Ce retour d’expérience rappelle qu’une ressource locale ne devient pas un matériau de construction par simple proximité géographique. Il faut la caractériser, définir les contrôles, organiser la préfabrication, coordonner les entreprises et sécuriser son acceptation. Weko n’est donc pas une recette à recopier telle quelle. C’est un bon exemple du chemin qui permet de passer du champ au bâtiment — avec quelques étapes techniques entre les deux, tout de même.
Source Batirama Weko à Montpellier 7 septembre 2026