Galerie ombragée d’un bâtiment en bois avec protections solaires, fenêtres ouvertes et végétation estivale.

Confort d’été : Les biosourcés ne travaillent pas seuls

Les matériaux biosourcés peuvent améliorer le confort d’été, mais ils ne compensent ni des vitrages sans protection ni une mauvaise ventilation. Le Cerema invite à raisonner le bâtiment dans son […]

On entend parfois qu’un bâtiment isolé en paille ou en fibre de bois sera forcément confortable l’été. Ce serait pratique. Le numéro 36 de Biosourçons, publié en septembre par le Cerema, rappelle une réalité moins simple : le bois, la paille, les fibres végétales et la terre crue peuvent aider, mais l’isolant ne fermera jamais les volets à notre place.

Le premier réflexe consiste à empêcher le soleil d’entrer, avec une orientation cohérente et des protections extérieures efficaces. Il faut ensuite pouvoir évacuer la chaleur, notamment la nuit. Le travail sur l’enveloppe, l’inertie et la capacité des parois à amortir les variations complète cette stratégie. Les équipements de rafraîchissement viennent après. Une bonne isolation ralentit les échanges ; elle ne compense pas des vitrages exposés toute la journée dans un bâtiment qui reste fermé la nuit.

Les opérations recensées par le Cerema montrent cette combinaison. À Petit-Mars, un pôle enfance associe débords de toiture, protections solaires, ossature bois, paille, laine de bois, terre crue et géothermie. Le Cerema indique qu’en période de canicule, la température intérieure est restée autour de 27 °C alors qu’il faisait plus de 40 °C dehors. Le résultat ne tient donc pas à un produit isolant pris séparément, mais au dialogue entre les matériaux, l’architecture et les équipements.

Pour un maître d’ouvrage, la discussion doit commencer avant le choix de l’isolant : quelles façades recevront le soleil ? Les protections seront-elles réellement utilisées ? Peut-on ventiler la nuit sans créer d’autres problèmes ? Lorsque l’enjeu le justifie, une simulation thermique dynamique avec des données climatiques prospectives apporte des réponses plus sérieuses qu’une promesse commerciale. Le matériau compte, bien sûr. Il donne surtout le meilleur de lui-même quand le reste du bâtiment a été pensé avec lui.

Sources : Cerema, Biosourçons n° 36, septembre 2026 ; Cerema, Été des bâtiments en quête de fraîcheur, juin 2026